Je vous considère comme des ennemis, Romans
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Chapitre 60 : « Es-tu mon Gege? »

Traduction anglaise par Ceti de Exiled Rebels Scanlations

Édition anglaise par KarateChopMonkey

Traduction française par Tian Wangzi

« Pourquoi est-ce que tout le monde peut le faire… mais pas moi? » Les cils de Chu YunShu tremblèrent légèrement, les lèvres étirées en un sourire indistinct, mais son regard était de plus en plus sombre.

Son ton de voix devint plus tendre, illustrant un amour et un caractère inséparable… alors que sa voix tremblait légèrement.

— « Je ne le suis pas, je ne m’approche pas de lui, je ne l’espionne pas. J’essaie juste de saisir le moment clé. »

L’épais brouillard sanglant couvrait presque ses yeux, et la clarté dans son regard diminuait.

« N’est-ce pas suffisant même après avoir coupé les deux bras et les jambes? »

Il semblait demander à quelqu’un, mais il semblait aussi se parler à lui-même. Son ombre fut graduellement avalée par l’obscurité.

Le guqin flottant au-dessus de lui jouait un mouvement symphonique exceptionnel. Avec l’effondrement de l’esprit de son maître, le rythme mélodieux s’accéléra, rempli d’une intention meurtrière déchaînée.

Si un perfectionneur à la transformation de l’âme ou supérieur était présent, il serait surpris de remarquer que dans un lieu de dix li autour de lui, les règles du monde s’effondraient au son du qin.

Ce n’était pas une musique divine, c’était une musique infernale!

« La quatrième couche est visiblement une transmission aléatoire, alors pourquoi je sens encore son aura? »

Une vaste quantité de qi démoniaque s’extirpa du sol, le désespoir emplis le monde.

Une fragrance froide légèrement discernable transporta l’odeur des fleurs de pruniers dans l’air, pénétrant dans les couches de qi démoniaque pour se glisser au fond du cœur de Chu YunShu.

Dans ses souvenirs, la voix fière du jeune homme retentit à ses oreilles.

« C’est pour toi. Si quelqu’un ose t’intimider à l’avenir, donne-lui mon nom, Chu WuQing. »

Le sourire du jeune homme était époustouflant et magnifique. Tous ceux qui le voyaient le gravaient dans leur âme et en devenaient fous. Comme après une longue nuit, lorsque le brillant soleil grimpe dans le ciel, les gens anticipent toujours son retour à l’aube, même s’ils savent que la lumière leur brûle les yeux, qu’ils ne peuvent la toucher ou la saisir.

Mais le soleil ne s’arrête pour personne, et il ne voit pas les insectes du monde séculier.

—Sans mentionner que les sombres éphémères s’enterrent profondément dans le sol.

Le sourire de Chu YunShu devint de plus en plus tordu.

—S’il ne pouvait l’avoir ou le toucher, il valait mieux le détruire.

La lumière dans les yeux de Chu YunShu disparut entièrement, et il les ferma soudainement. De l’obscurité sans fin se déversait du sol derrière lui. Cependant, ses cheveux noirs comme de l’encre passèrent graduellement au blanc givré, comme s’ils étaient lavés par la neige de la région polaire, émettant une lumière sainte et inviolable.

—Je peux enfin sortir?

Lorsqu’il ouvrit les yeux à nouveau, l’obscurité disparut instantanément, et tout sembla revenir à la normale, comme si rien n’avait changé et que les règles avaient été restaurées.

Mais les yeux du jeune homme étaient devenus argentés, comme si la lumière de la lune passait au travers, montrant un regard tendre et apaisant qui touchait directement les cœurs. Tous ceux qui le voyaient oublieraient leurs ennuis.

— « Le monde… extérieur, » murmura-t-il.

« Pourquoi je me sens si seul? Comme si j’avais perdu la chose la plus importante, » murmura-t-il encore en touchant le sol de ses mains. D’innombrables brins d’herbe poussèrent autour de lui, les saules fleurirent et les fleurs tremblèrent. « Sans lui… le monde n’est-il pas trop ennuyant? »

« Mais qui est-il? » Les yeux du jeune homme montraient sa confusion, et il avait l’air extrêmement seul.

Ce genre de solitude mortelle qui épuisait sa vitalité.

« Un monde si ennuyant, ça ne vaut pas la peine de le voir. » Le jeune ricana, l’air remarquablement gentil et beau, mais les racines de tous les êtres vivants autour de lui se fanèrent en un instant.

Laissant seulement l’apparence de vie fausse qui avait été exposée à l’air.

Le jeune homme tomba endormi au sol d’un air abattu, mais une vague image circulait dans son esprit, somme si ce qu’il avait de plus important avait été perdu.

Il semblait que le monde avait perdu tout son sens.

La chose qu’il aimait le plus au monde ne serait jamais à sa portée. Il ne pouvait que plonger en enfer et lentement briser sa résolution spirituelle.

Jusqu’à ce que — la voix claire et tendre d’un jeune homme retentisse.

« Chu YunZhi? »

« Oui… c’est Chu YunZhi! »

Alors, mon nom est Chu YunZhi?

Chu YunZhi ouvrit les yeux.


Chu YunZhi ouvrit les yeux, surpris. Son regard était complètement fixé sur Chu WuQing.

Chu WuQing se sentit enveloppé par les eaux infinies d’un lac, il se sentait étouffer.

La main de Gu Yu plongea, et il entrelaça ses doigts à ceux de Chu WuQing. Le jeune qui était auparavant tendre et frêle avait maintenant une constitution élancée, et même ses doigts pouvaient entièrement envelopper la paume de Chu WuQing.

Cette prise était tremblante d’humilité et d’excitation, mais elle était remplie de foi incontestable, comme s’il transmettait par son sens divin : « Mon seigneur, ne vous inquiétez pas. Vous pouvez partir en premier, je serai là. »

L’instant suivant, les yeux de ChuYunZhi glissèrent pour tomber sur leurs mains enlacées.

Chu WuQing sentait que la chaleur des yeux de Chu YunZhi pouvait presque brûler leurs doigts.

Il n’y avait aucun doute de la force de Gu Yu. Cependant, cette force ne reposait pas dans le combat seul, mais dans ses succès en la maitrise des runes. Ce genre de succès pouvait l’emmener à grandir pour devenir le numéro un dans le monde immortel à l’avenir.

Mais ce n’était pas maintenant.

En fait, dans tous les participants dans la demeure, même le tout puissant Lin Yi ne pouvait pas battre Chu YunZhi.

«Qu’est-ce qu’il y a, Gege[1]? » Chu YunZhi déplaça soudainement son regard et s’adressa à Chu WuQing d’une manière qu’il n’aurait jamais pu l’imaginer.

Gege?

Chu WuQing se maîtrisa et le regarda. Il ne vit que Chu YunZhi, et il s’était attendu à ce qu’il cherche à le tuer, mais il ne faisait que soutenir son corps en le regardant d’un air stupide. Les yeux de Chu YunZhi montraient sa confusion, comme un bébé qui ne connaissait rien du monde. « N’es-tu pas mon Gege? »

Les yeux de Chu YunZhi étaient aussi limpides et clairs que le cristal, au point qu’ils pouvaient servir de miroir au reflet devant lui. C’était comme si son monde était blanc et sans taches.

Chu WuQing regarda ces cheveux blancs qui drapaient ses épaules et leurs traits faciaux similaires, et repensa au fait qu’ils avaient un ancêtre commun, alors il se mit soudainement à rire.

Chu WuQing retira sa main de la poigne de Gu Yu, et son regard devint soudainement plus doux.

C’est vrai. Chu YunZhi était extrêmement innocent, il ne comprenait rien du monde. Dans sa vie passée, les fonctions cognitives de Chu YunZhi avaient été bâties avec l’aide du protagoniste, Lin Yi. Il ne s’attendait pas à ce que l’empreinte du caneton du halo du personnage principal lui soit passée à lui.

Maintenant il le considérait comme son frère, et c’était même le type de frères le plus interdépendant.

Chu WuQing sourit doucement. Il pressa l’article magique dans la main de Gu Yu, puis s’avança un pas à la fois vers le jeune homme aux cheveux blancs. S’immergeant dans un attachement intègre, il étira la main et caressa la tête du jeune homme. « Bien sûr que non. Je suis ton père. »

Qu’est-ce qui était si effrayant chez Chu YunZhi? Il était évident qu’il pouvait être trompé et manipulé selon ses souhaits.

Chu YunShu voulait le tuer. Il voulait le tuer puisqu’il était membre du clan Chu, mais cette seconde personnalité…

« Père? » Les cils minces de Chu YunZhi tremblèrent légèrement. Le reflet lustré de ses pupilles argentées était comme la queue d’une étoile. Ses yeux étaient emplis de doutes non dissimulables.

Comment se pouvait-il que le jeune homme devant lui soit son propre père?

Il le réfuta évidemment et se dégagea de la main qui avait osé toucher sa tête, mais un étrange sentiment s’éleva dans son cœur. Il voulait même se frotter contre la tendre paume du jeune homme pour exprimer le joyeux tremblement qui venait de son âme.

Alors, son corps bougea par lui-même.

Chu YunZhi s’agenouilla à moitié, et il se pressa contre les robes de Chu WuQing comme s’il était un poussin. Cette tête de cheveux argentés devint désordonnée parce qu’il était aguicheur. L’arrogance et la froideur qu’il avait lorsqu’il dormait avaient complètement disparu.

Chu WuQing était légèrement étonné, et le sourire sur ses lèvres s’élargit. C’est Chu YunShu, le futur Seigneur démoniaque, celui qui pouvait être l’égale de Lin Yi dans le roman original.

Ce Chu YunShu qui le méprisait dans cette vie et la précédente, alors que cette seconde personnalité agissait ainsi par elle-même?

Lorsqu’il se réveillera, à quoi ressemblera sa colère? Quel genre de honte et d’humiliation extraordinaires découlaient en méprenant l’ennemi qu’on méprise et désire tuer pour son père?

Et lorsqu’il se réveillerait, Chu WuQing serait déjà au cinquième étage, s’emparant de l’occasion et quittant la demeure immortelle. 

Plus Chu WuQing y pensait, plus il était de bonne humeur. Ses caresses sur la tête de Chu YunZhi devinrent bien plus douces, et il sentit même que ce genre de Chu YunZhu était un peu… mignon.

« Père. » Chu YunZhi leva la tête, révélant des yeux confus et timides, alors qu’il disait timidement : « Pourquoi père vient-il me chercher que maintenant? J’ai vu que les autres créatures vivantes se font lécher la fourrure et nourrir par leurs parents quand ils sont jeunes, mais je n’avais rien… J’attendais juste seul dans l’obscurité. Personne ne s’est jamais occupé de moi, je ne savais pas quelle joie ce serait d’avoir un père. »

« Un accident s’est produit il y a des années, ce qui a causé notre séparation. » Les yeux de Chu WuQing révélaient une touche de tristesse. « Tout ce que tu as perdu, je vais lentement te les rendre. »

Chu YunZhi se comparait lui-même à un animal. Contre toute attente, il était complètement ignorant du monde.

Avec une telle seconde personnalité, Chu YunShu n’avait pas le droit de se mépriser, peu importe sa force. Il le regretterait sûrement à mort. Sa seconde personnalité était exposée devant Chu WuQing de cette manière et lui avait même tout dit. Lorsqu’il se réveillerait et regagnerait le contrôle de son corps, comment cet homme arrogant et fier allait-il souffrir?

Ha ha ha ha ha ha.

Chu WuQing était mort de rire intérieurement.

Chu YunZhi enlaça la jambe de Chu WuQing et dit d’une voix faible : « Père, pouvez-vous aussi lécher ma fourrure et me nourrir pour me rendre ce que j’ai perdu? » Après avoir parlé, il semblait un peu honteux, mais son attachement à son père surpassait tout. Ses yeux limpides et expressifs étaient emplis de détresse : « S’il vous plaît, père. »

Chu WuQing : « … »


[1] Gege se traduit par « grand-frère », souvent utilisé pour marquer une relation intime et amicale avec un garçon un peu plus vieux

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