Je vous considère comme des ennemis, Romans
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Chapitre 70 : Leçon de calligraphie

Traduction anglaise par J. de Exiled Rebels Scanlations

Édition anglaise par KarateChopMonkey

Traduction française par Tian Wangzi

Formés comme une perle, les lobes d’oreille du jeune homme étaient délicats et doux. On pouvait presque voir les veines pudiques sous la mince épaisseur de peau. À ce moment, les lobes blancs comme la neige étaient devenus rouges sous le souffle de l’homme.

« Tu… » Chu WuQing cracha à travers ses dents serrées. « Comment oses-tu…? C’est une salle de classe! »

« C’est vrai. » Chu YunShu étira la langue et lécha gentiment le lobe d’oreille de Chu WuQing.

C’est aussi délectable que la dernière fois! Il ne pouvait pas s’empêcher de savourer le contour de toute l’oreille de Chu WuQing. « As-tu peur, mon cher disciple? »

Alors que la voix perfide de l’homme retentit à l’oreille de Chu WuQing, transportant un rire non dissimulé, Chu WuQing pressa son coude contre la poitrine de l’homme, cherchant à le repousser. Mais l’enseignant le tenait si fermement que non seulement Chu WuQing échoua à se libérer, il réussit seulement à livrer tout son corps dans les bras de l’homme.

Des caresses et de la friction s’ensuivirent.

« WuQing. » Chu YunShu intensifia soudainement son ton. Se pressant plus fort contre le corps du jeune homme, sa main traça son bras, dépassa son épaule, et s’arrêta sur sa taille mince.

Après tout, le petit seigneur avait été gâté et protégé toute sa vie. On pouvait sentir la douceur de son corps même à travers les robes de soie. Malgré l’absence de muscles saillants, son corps était ferme et souple, comme un jeune saule au printemps.

« Ce n’est pas surprenant si dans les textes classiques, les rois des temps anciens ont toujours aimé les tailles fines. »

Fronçant les sourcils, Chu YunShu lui ordonna : « Ne bouge pas. Si tu continues à gesticuler, je ne serai peut-être pas capable de me retenir… Reste tranquille, mon cher disciple, à moins que tu veuilles que le prince héritier et les autres nous voient? »

« N’as-tu donc aucune honte?! » Chu WuQing se sentait extrêmement fâché et humilié. Ses yeux légèrement rougis semblaient plus clairs que d’habitude, révélant un spectacle curieusement attirant. Ses yeux donneraient envie à n’importe qui de le voir souffrir les plus grandes humiliations afin qu’il se rebelle davantage, au point qu’il pourrait peut-être renifler des sanglots et des larmes retenues avec force.

Les larmes qui s’accrochaient à peine tomberaient de ses longs cils, puis rouleraient sur ses joues rondes et douces. Puisque ses lèvres rouges seraient légèrement enflées à force de trop résister, des larmes pourraient même se glisser entre ses dents et dans sa… Alors que d’autres continueraient le long de son menton arqué à la perfection et sa délicate pomme d’Adam protubérante.

Si on suçait ses larmes à ce moment, avant de gentiment le mordiller, on pourrait même le pousser à émettre un léger grognement, faisant couler d’autres larmes. Puis, ces yeux clairs jetteraient un regard noir, empli de haine.

Ensuite, des injures mêlées de pleurs brosseraient contre son cœur comme une plume, caressant les parties les plus sensibles. La scène serait si séduisante qu’on voudrait l’avaler en entier.

Petite succube. Chu YunShu jura à voix basse. « Mais, mon cher disciple, je peux être encore plus effronté. »

L’écarlate s’empara des joues de Chu WuQing alors qu’il entendit ces mots. Il pouvait sentir le bras qui retenait sa taille se déplacer et les doigts élancés attraper sa ceinture.

Chu WuQing devint blême alors qu’il implora : « Cesse ce que tu fais immédiatement! Chu YunShu, va dans un bordel si quelque chose te démange à ce point. Je m’occuperai de la facture. Ne m’utilise pas comme une femme! »

« Cousin? » Le prince héritier, qui se concentrait sur sa calligraphie, tourna la tête en entendant le bruit. « As-tu dit quelque chose au sujet d’une femme? »

En un instant, que ce soit de manière évidente ou plus subtile, tous les regards se tournèrent vers Chu WuQing.

Il avait de la chance que, en tant qu’érudit raffiné, Chu YunShu préfère les robes avec de larges manches, et ces manches cachaient la majorité du corps de Chu WuQing.

Si son père avait appris qu’il était traité comme un jouet… il croirait que Chu WuQing oubliait son statut et essayait de trouver de nouvelles façons d’être lâche. Et si la nouvelle se répandait davantage et que la réputation de Chu YunShu était entachée, le pire qui pourrait arriver serait qu’il perde son poste d’enseignant du prince héritier… mais pour Chu WuQing, il deviendrait la risée de la capitale.

S’ils apprenaient que le jeune fils de ChengEn était harcelé comme une femme, le prince héritier et les autres princes penseraient…

« Non… rien. » Avec une voix légèrement rauque qui portait une pointe de peur, Chu WuQing répondit « Votre Majesté fait erreur… Mmm, erreur… »

Alors que la fin de la phrase de son jeune cousin fut ponctuée d’un sanglot, le prince héritier ne pouvait plus rester tranquille. « Cousin, est-ce que tu te sens mal? Appelez le docteur impérial immédiatement. » En parlant, le prince héritier se leva, donnant signe de vouloir s’approcher.

À ce moment, la main de Chu YunShu choisit audacieusement de descendre sous la taille de son disciple.

« Pute, non… mai-maître, s’il vous plaît… » Chu WuQing le supplia du regard afin de conserver ce qui lui restait de dignité.

À ce moment, la main de Chu YunShu qui tenait toujours celle de Chu WuQing recommença à travailler son écriture. Les mouvements de la large manche de l’enseignant pouvaient juste bloquer les regards curieux des autres disciples.

Tenant le lobe d’oreille potelé de Chu WuQing entre ses dents, Chu YunShu murmura : « Dis : « Cher époux, je vous en supplie. » »

Chu WuQing dévisagea l’homme, les yeux emplis de haine, mais puisqu’il n’avait pas d’autre choix, il ne pouvait que grommeler entre ses dents serrées : « Cher époux, je vous en supplie. »

Chu YunShu étira les lèvres en un sourire complaisant : « Comment pourrais-je refuser ma chère épouse? » Sur ce, il leva sa manche et reposa le pinceau de calligraphie, son autre main relâchant la taille de Chu WuQing.

L’enseignant annonça avec une expression sérieuse : « On dirait que WuQing n’a pas bien dormi la nuit dernière. Tu cherches toujours à t’amuser et te distraire, c’est pour ça que tes études n’ont pas progressé. Je visiterai la résidence du Comte dans trois jours pour te discipliner en personne.

Ses mots laissèrent une marque sur le cœur de Chu WuQing comme s’il avait été frappé par la foudre.

Ses collègues de classe s’empressèrent de faire les éloges de maître Chu pour son attention à son disciple, et même certains des fils des princes devinrent envieux…

Seul Chu WuQing avait compris que c’était une autre ruse pour que ce salaud le pousse à se soumettre.

Il y avait trop de monde dans le bureau impérial, ce qui restait un problème pour ce pervers. Comment était-ce comparable à la liberté de la maison, où même son père ne le croyait pas et faisait confiance à ce charlatan?

Bouillant intérieurement, Chu WuQing s’empressa hors des portes du palais comme s’il fuyait pour sa vie. Il sauta dans le carrosse du Comte et pressa le conducteur de partir sur-le-champ, comme si une bête géante était à ses trousses.

Ce n’est que lorsque le palais eut disparu loin derrière que son cœur se calma enfin.

« Tout ce qui se passe maintenant ne doit être qu’une illusion. Tout ça, ça fait partie de l’épreuve de la volonté, » se rappela Chu WuQing.

« Après ma réincarnation, il n’y a pas de craque à exploiter dans ma résolution. Je peux même passer au-delà de ce que des perfectionneurs normaux considéreraient comme des pièges mortels. La seule chose qui a distrait ma résolution spirituelle, c’était cette formation d’illusion particulière. Non seulement mon cœur et mon âme ont été blessés cette fois-là, j’ai seulement réussi à m’échapper grâce à l’aide de l’ombre de mon père. La porte de la volonté doit avoir lu ma mémoire et copier la formation d’illusion pour mettre à l’épreuve ma résolution. »

« Une telle épreuve n’est pas apparue dans ma vie précédente. Elle doit contenir une occasion majeure! » Une lumière brilla dans les yeux de Chu WuQing, son cœur effrayé avait complètement changé, devenant impatient.

« Les illusions créées par cette épreuve sont bien plus réalistes que la dernière fois, j’ai même été piégé bien plus loin. »

Chu WuQing analysa calmement les choses : « Je perds mes moyens chaque fois que j’entre en contact avec Chu YunShu. Alors, si je veux surmonter cette épreuve, je dois me réveiller de mon rôle de petit comte en la présence de Chu YunShu. »

Ça ne semblait pas juste non plus. Même s’il était réveillé, Chu YunShu pouvait tout de même le traiter comme il le voulait, et le traîner une fois encore dans de l’humiliation fraîche dont il ne pouvait pas s’échapper.

Tout dans ce cercle d’illusion provenait de Chu YunShu… « Je sais! Chu YunShu est la clé de ce cercle, et le tuer me permettra de passer l’épreuve! »

Contrairement au délicat et gâché petit noble, le Chu YunShu dans l’illusion était un gentilhomme de bonne famille. Il excellait dans les six arts des gentilshommes, y compris à l’épée[1]. Puisque son perfectionnement était scellé, Chu WuQing ne faisait pas le poids contre Chu YunShu.

« En y repensant, être harcelé ne fait que me dégoûter et me fâcher. Mais en tant qu’homme, je n’ai vraiment rien à perdre. Si c’est pour le tuer, je peux réprimer mon dégoût et le séduire. » Chu WuQing releva légèrement les sourcils, ses lèvres révélant une grimace confiante. « De plus, celui que je compte séduire n’est même pas un homme, c’est juste une illusion créée par le cercle. »


[1] Les six arts de Confucius ne comprennent pas le maniement de l’épée, habituellement, mais plutôt le maniement de l’arc.

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